ALENYA
Un village de Caractère ...
Dans le parc Ecoiffier se dresse la « PEDRA MARTINA » c'est une borne du haut Moyen-Âge qui délimitait les territoires des seigneurs de Saint Martin de Boaça (actuellement Mas Blanc) et d'Alénya. Il existait un château à Boaça qui fut rasé en 1974, cette borne a été récupérée et placée à la droite de l'entrée principale des Caves en 1992.
LA MAISON D'ORTAFFA datée de la fin du XIVème siècle, la maison d'Ortaffa est contemporaine du Castillet à Perpignan. Elle est la seule maison ancienne du village qui a su garder son cachet médiéval avec une façade en galets et cayrou (cairo, argile cuite). Construite par la famille Miro d'Ortaffa, elle a toujours été habitée et est devenue aujourd'hui la propriété Malavialle.
La Résidence Arago qui fait face à la maison a été aménagée en logements à l'emplacement d'anciennes écuries.
Entre mer et montagne, avec près de 300 jours de soleil par an, Alénya sait cultiver l'art de vivre en pays catalan. Située dans la plaine côtière du Roussillon, à proximité de l'étang de Canet-Saint-Nazaire, entre le Réart et l'Agouille de la Mar, sur une superficie de 534 hectares, la commune recense plus de 3 000 habitants.
Alénya dépend administrativement de l'arrondissement de Perpignan et se situe dans le canton de la côte radieuse. Elle forme avec Saint-Cyprien et Latour-bas-Elne la communauté des communes Sud-Roussillon.
De par sa situation, Alénya bénéficie de nombreux atouts. A 11km de Perpignan, chef-lieu du département, c'est le lieu de villégiature idéal pour ceux qui désirent vivre à « la campagne en ville ».
La commune est située à seulement 3 Km de la plage de Saint-Cyprien, station balnéaire reconnue, ce qui fait d’elle une commune à vocation touristique capable d’accueillir les touristes au sein de structures d’hébergement diverses : village de vacances, camping, hôtel, gîte-chambre d’hôte, location de meublés...
Outre sa palette d'équipements sportifs et de loisirs, Alénya possède un riche patrimoine culturel grâce à l'église Sainte-Eulalie, son retable et sa vierge aux raisins ; sans oublier les Caves Ecoiffier, grand chai de la fin du XIXème siècle.
Parmi les activités économiques présentes à Alénya, il convient de noter que l’agriculture, culture maraîchère, vergers et vignes, constitue toujours un secteur économique actif que la commune entend préserver et valoriser.
Suivez le guide ...
LES CAVES ECOIFFIER : cœur économique et social de la commune, pendant la première moitié du 20ème siècle. Ces caves gardent l'empreinte d’un passé exclusivement tourné vers la viticulture, lorsque 90% de la surface cultivable du village était couverte de vignes.
La vigne s'est développée à Alénya dans les années 1850 avec l'apparition du chemin de fer.
La construction des Caves Ecoiffier débuta entre 1905 et 1906, en trois étapes : tout d'abord l'aile gauche, ensuite la partie centrale avec sa belle horloge et son carillon ainsi que l'aile droite qui s'avançait jusqu'au bord du terrain sur lequel est érigé le monuments au morts d'Alénya -à cette extrémité de l'ouvrage se trouvaient la buvette du personnel et la cave particulière des maîtres - et enfin, derrière le bâtiment, l'aile ouest.
Les caves Ecoiffier étaient à l'origine la propriété de M. Simon VIOLET, elles prirent le nom « Ecoiffier » suite au mariage de Thérèse VIOLET avec François ECOIFFIER. Le nom de VIOLET n'est pas sans réveiller quelques souvenirs ! Il s'agit bien de la célèbre famille VIOLET qui inventa et produisit le non moins célèbre apéritif BYRRH. Il s'en fallu de peu pour que la cave d'Alénya ne devint définitivement le berceau de ce BYRRH. Elle avait été concue et élaborée pour le devenir, mais un obstacle de taille s'étant opposé à la réalisation de ce projet, c'est la ville de Thuir qui a bénéficié de cette aubaine...
Cet obstacle incontournable...c'était le train qui passait trop loin de notre commune et sans lequel à l'époque du « moteur à crottin » il était impossible d'organiser une distribution rentable des produits élaborés ou manufacturés industriellement.
Que dire de ce coup du sort ? Devons-nous regretter les retombées économiques de cette possibilité offerte d'expansion, de création d'emplois, de taxes diverses pour la commune et ses habitants ? Ou nous réjouir, égoïstement, du calme et de la quiétude que ce vide a préservé ?
Quoi qu'il en soit, nous sommes forcés de remarquer la ressemblance dans leur conception entre les caves de Thuir et celles d'Alénya, Il est vraisemblable que le même architecte fût à l’origine des deux projets : même alignement des foudres de bois (de 320 à 340 hl) confectionnés en chêne importé de Russie, par deux rangées de douze séparées par une allée spacieuse munie de rails sur lesquels circulaient des wagonnets.
Les canaux d'évacuation étaient garnis de carreaux en mosaïque d'un entretien facile et d'une étanchéité parfaite.
L'ensemble des machines à recueillir la vendange à transporter les grappes, les fouloirs, foulopompes fonctionnaient grâce à l'énergie d'une machine à vapeur, jusqu'à l'apparition des moteurs électriques.
Notons à ce propos que ce sont les Ecoiffier qui les premiers installèrent des centrales hydro-électriques dans notre département pour les besoins du rail et que reconnaissants envers leur village ils ont offert pendant des années l'électricité gratuite pour l'éclairage public d'Alénya. Ce privilège ne s’éteignit qu’en 1968.
Les familles du village méritaient amplement cette reconnaissance car presque toutes furent impliquées dans l’exploitation du domaine, autour duquel s’organisait la vie économique et sociale.
L'horloge des Caves, au cœur du village, rythmait la vie journalière du domaine et des alentours. En période de récoltes, plus de 130 personnes y travaillaient, aidées d'une vingtaine de chevaux. L'étendu du domaine (148 hectares) permettait de récolter près de 20 000 hectolitres de vin.
Les activités agricoles des Caves Ecoiffier s'arrêtèrent en 1976 et c'est en 1981 que la municipalité racheta le bâtiment. Il fut réaménagé au fil du temps. L'aile droite abrite aujourd'hui un court de tennis couvert et la salle Marcel Oms.
La partie centrale appelée la Rotonde est réservée aux expositions et diverses manifestations culturelles, artistiques, sportives... C'est dans cette partie centrale que se trouve l'Office de tourisme. .
L'aile gauche est occupée par une salle de sports, l'espace socioculturel Claude Simon abritant le Point Information Jeunes (PIJ) et la bibliothèque-médiathèque, des salles associatives et, en suivant un espace de création pour compagnies de danses ou théâtre baptisé « Antonio Machado ».
Ces caves sont le témoignage de l’architecture viticole de la plaine du Roussillon. Elles sont remarquables par l’harmonie des volumes et la complexité des charpentes que l'on prétendrait issues des ateliers Eiffel ?
Après l'aile droite des caves, se trouve l'une des plus anciennes fontaines du village « la Pompe Bonne » les femmes venaient y chercher l'eau potable et y lavaient le linge, les animaux s'y abreuvaient. Il y avait au XIXème siècle plusieurs troupeaux de moutons, le dernier ayant disparu vers 1970. Les chevaux étaient nombreux pour le travail de la terre.
Dans le parc Ecoiffier se dresse la « PEDRA MARTINA » c'est une borne du haut Moyen-Âge qui délimitait les territoires des seigneurs de Saint Martin de Boaça (actuellement Mas Blanc) et d'Alénya. Il existait un château à Boaça qui fut rasé en 1974, cette borne a été récupérée et placée à la droite de l'entrée principale des Caves en 1992.
LA MAISON D'ORTAFFA datée de la fin du XIVème siècle, la maison d'Ortaffa est contemporaine du Castillet à Perpignan. Elle est la seule maison ancienne du village qui a su garder son cachet médiéval avec une façade en galets et cayrou (cairo, argile cuite). Construite par la famille Miro d'Ortaffa, elle a toujours été habitée et est devenue aujourd'hui la propriété Malavialle.
La Résidence Arago qui fait face à la maison a été aménagée en logements à l'emplacement d'anciennes écuries.
Eglise Sainte Eulalie d’Alénya -1593-
L’église Sainte Eulalie fut construite à partir de 1593 sur les fondations d’une église plus ancienne. Lors des travaux de mai 1858, on a découvert l’abside de l’église primitive, détruite car elle était trop petite.
La première église d’Alénya est mentionnée dans un écrit de 1214 qui fait état d’un don. Elle était orientée à l’est et non à l’ouest comme c’est le cas actuellement. L’est indique Jérusalem et symbolise le ciel.La vénérable cloche qui surmonte l’édifice date de 1570. La particularité de ce clocher ne réside pas dans son architecture qui se révèle des plus sobres à côté des églises romanes qui jalonnent notre beau pays, mais par la richesse et l’originalité de son ornementation du plus pur style baroque catalan.
Il faut comprendre que l’annexion du Roussillon à la France, résultant du traité des Pyrénées en 1659, laissa ses habitants dans un profond désarroi et, notamment les artistes catalans séparés de leurs frères et ne parlant pas la même langue que les Français. De leur dépaysement naîtra cet art baroque catalan du Nord des Pyrénées. L’église d’Alénya est particulièrement riche dans ce domaine.
Le Rétable du Maître-Autel (Altar Major)
Attribué au sculpteur Suner, il est à l'apogée du Baroque catalan le plus riche, le plus orné, le plus triomphant avec ses colonnes torsadées, autour desquelles s'enroulent des treilles, son monde de statues, de feuilles d'acanthe et d'oiseaux.
Les retables nous permettent de connaître les mentalités religieuses de l'apoque. En nous faisant pénétrer dans l'esprit du temps, ils nous aident à reconstituer la vie spirituelle dans le Roussillon dans l'esprit de la Contre-réforme.
Fièrement campée au centre du Maître-Autel, Sainte Eulalie, patronne de la paroisse. Née à Mérida (Espagne) d'une famille noble, elle fut martyrisée au IVème siècle avec sa compagne Le retable du Rosaire
A gauche du Maître-autel, dans la chapelle c'est le plus vieux de l'Eglise (1640) il est composé de panneaux peints sur bois représentant à gauche de la niche centrale : présentation de Jhésus au Temple, Jésus parmi les docteurs ; à droite : la visitation et la nativité.
Le retable du Christ
A droite du Maître-Autel, portant la date de 1732, figure ce retable sur lequel sont exposés les instruments de la Passion du Christ, dans la chapelle du même nom. La Vierge des Douleurs (la Dolorosa) nous apparaît dans toute sa souffrance, sous les traits durs d'une duègne espagnole.
La Vierge au raisin
Le chef-d'oeuvre de l'église d'Alénya est, sans nul doute, perché dans une niche haute, à côté des fonts baptismaux, la Vierge au raisin, fine statue en bois polychrome doré qui nous vient de la fin du XIVème siècle. Elle tient une grappe dans sa main droite. C'est une oeuvre de caractère et, contrairement aux autres, romanes, de la première période, maintes fois copiées, elle est parfaite et créée par un grand artiste.. Elle meurt en 303 au moment des grandes persécutions déclenchées par l'empereur Dioclétien. Une partie de ses reliques fut transférée à la cathédrale Sainte Eulalie d'Elne au Moyen-Age. La paroisse d'Alénya possède un fragment d'os de la Sainte.
La relique de Sainte Eulalie d'Alénya a été authentifiée en 1866. La tradition affirme qu'elle a été portée d'Elne par un des bénéficiaires ayant desservi Alénya (registre paroissial d'Alénya 1909).
L'une des particularités de ce retable ce sont les statuettes qui représentent les dignitaires de l'Eglise et les Saintes du IVème siècle. Au deuxième plan, la Vierge Marie dite « del Roser » patronne secondaire de la paroisse et surplombant le retable, Pantocratos, le créateur.
L’ensemble du mobilier d’art sacré de l’église Sainte Eulalie d’Alénya est classé « Monument historique » par arrêté du 11 décembre 1957. Il a été restauré dans les années 1991-1992, avec la création de deux vitraux en façade. Cette dernière l’a été en 2005. A cette occasion, parmi les matériaux de construction, a été dégagée une clef de voûte dont on ignore la provenance.
La vierge à l'enfant
Oeuvre du XVIIIème siècle, restaurée en 2007, majoritairement dorée et présentant la vierge debout retenant l'enfant Jésus, délicatement posée sur son dais de présentation en forme de baldaquin.
Situés à gauche de l’entrée, les fonds baptismaux ont été creusés dans une très ancienne pierre venue des carrières de Baixas (Pyrénées-Orientales).
Sources :
Jacqueline Guitton, Jean Alberny « Les Vendanges à Alénya il y a longtemps »
Art Culture et Traditions dépliant « Eglise Sainte Eulalie »
Mélanie Paillet dépliant « Alénya un village de caractère... »
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Lors de la fête locale du mois d'août, a lieu la bénédiction des chevaux sur le parvis de l'église.
TEXTE BENEDICTION DES CHEVAUX :
L’an de grâce 1752 de notre seigneur Jésus Christ, le 23 octobre, sous le règne de son altesse le Roi Louis XV le Bien-aimé, le révérant curé du village d’Alénya Pierre Cabanès, en accord avec les sérénissimes consuls du village susdit, établit la petite fête de la Sainte Eulalie.
Une terrible peste chevaline sévissait sur le village d’Alénya, tuant ânes, chevaux, mulets, juments, bourriques, tous équidés confondues.
A la suite de longues supplications à la jeune Sainte Eulalie, patronne du village et martyre en Espagne sous l’Empereur romain Dioclétien, cette peste désastreuse s’arrête. Il y avait à Alénya, à l’époque, une cinquantaine de chevaux ainsi qu’une cinquantaine de juments pour les labours mais aussi pour les déplacements dans la bonne ville de Perpinyà.
Le jour de la petite fête de Sainte Eulalie, le 23 octobre, tous les équidés se reposaient et une grande messe en l’honneur de Sainte Eulalie était célébrée. Durant les vêpres, les Paroissiens chantaient les Goigs de Sainte Eulalie.